Archives de la catégorie ‘Littérature

André Baillon, le Belge de Marly-le-Roi   Leave a comment

J’arrivais peu avant la fermeture du cimetière. La pluie venait de cesser. Les tombes alentour n’avaient pas de stèle, si bien qu’on en remarquait d’autant mieux celle du fou littéraire. Une haute stèle, collé dessus un profil en bas-relief à la Jean sans Peur, en cuivre oxydé. 1875 – 1932. En dessous, gravée dans la pierre d’Ile de France, verdie par le cuivre surplombant, noircie par le temps, cette inscription: AU ROMANCIER ANDRE BAILLON, SES AMIS. Et une croix peu orthodoxe. Plus bas, s’appuyant contre la stèle, un livre détrempé à couverture bleue était posé sur la pierre tombale: Le Belge de Marly, Pie Tshibanda.
J’hésitais à sauver cet écrit des futures intempéries. Si je le prenais, je pourrais peut-être le laisser sécher, et en glaner quelques passages. D’un autre côté, je risquais de perturber l’esprit de recueillement à l’origine de cette offrande. Qu’à cela ne tienne, me dis-je, je pourrais perpétuer à ma manière la mémoire de cet auteur méconnu flamandophone et francographe. Quelques photos d’abord pour immortaliser ce tableau commémoratif.
Précautionneusement, conscient de mon sacrilège, je m’empare du livre bleu, je l’ouvre aux pages qui veulent bien se décoller. A l’une d’elles, un véritable perce-oreille se tortille. Clin d’œil à celui du Luxembourg, le Perce-oreilles du Luxembourg. Avait-il oui ou non une queue? Je ne sais plus… Je referme le livre. Puis, tournant le dos à la tombe, je quitte le cimetière d’un pas révérencieux.
Chez moi, au chaud, je dépose le livre sur un plateau. Puis, en m’aidant de la pointe d’un couteau, je décolle les feuillets, page par page, en commençant par la fin. Mon objectif est de faire en sorte que les feuillets puissent sécher un par un. Je les froisse un peu afin qu’ils ne recollent pas immédiatement aux pages contiguës. Simultanément, je prends connaissance du contenu. Son auteur, Pie Tshibanda, psychologue et artiste congolais (voir sa présentation de ce livre), est arrivé en Belgique en 1995. Il s’est décrit lui-même comme le Fou noir au pays des blancs. Une certaine identification s’est faite entre les deux. André Baillon, cheveux roux, s’étant senti rejeté par sa « couleur », pouvait être qualifié de fou à plusieurs titres.
Fou littéraire d’abord, parce que non reconnu pour ses qualités d’écrivain, n’ayant trouvé que très peu de reconnaissance en son temps. Ses histoires choquaient. De façon truculente et avec empathie féminine, elles prenaient le parti de femmes de rues, victimes de leur condition, laissées pour compte, tombaient dans une vie que le lecteur bourgeois voyait de haut. Dans la verve du style, j’y trouve une ressemblance avec ces contes urbains de l’Est de l’Europe, d’Isaac Babel ou d’Eugen Barbu. Des phrases remplies de termes en argot… Histoire d’une Marie, Zonzon pépette, En sabots … Des récits imbriqués, où on retrouve les mêmes personnages, tantôt personnages principaux, tantôt personnages secondaires. Néanmoins, quelques jugements à la Tintin au Congo d’un temps révolu, par exemple dans Histoire d’une Marie, lorsqu’il est question du domestique Ali de couleur.
Fou à soigner ensuite. Et c’est bien pour analyser les causes de sa folie que le psychologue Pie dissèque la vie et les écrits de l’Anversois André Baillon. Une similitude avec un voisin Vincent van Gogh, cheveux roux, aussi, tous les deux ayant puisé leur inspiration première dans le terroir campinois. Westmalle pour le Flamand, Zundert pour le Brabançon, deux villages marqués par la présence d’abbayes trappistes. Deux peintres des difficultés des bonnes gens, qui ne se soumettent pas aux convenances, qui en souffrent, soignés l’un à la Salpétrière, l’autre à Saint-Paul-de-Mausole, et qui au bout du compte, après plusieurs tentatives ratées, décident de mettre un terme à leur vie. En avril 1932, dans sa maison de Marly-le-Roi (je l’ai cherchée, si quelqu’un a des informations à ce sujet, laissez un commentaire svp), André Baillon parsème sa chambre de fleurs, prend des somnifères et ne pourra plus être sauvé malgré des soins prodigués à l’hôpital de Saint-Germain-en-Laye.
Ses œuvres et sa vie sont à redécouvrir. Une théâtralisation adaptée en huit tableaux de Zonzon Pépette, remarquablement interprétés par Françoise Taillandier et Ben Devie, me l’a fait découvrir. J’ai aimé l’interprétation, un humour sans lourdeurs, les gestes précis comme s’ils étaient chorégraphiés, le décor et les costumes sans en faire trop, les chansons accompagnées par le soufflet à manivelle d’un véritable orgue de Barbarie, le sujet qui vous fait oublier les soucis de l’actualité contemporaine… et qui pourtant vous incite à une réflexion plus approfondie sur notre condition, nos rapports humains. Et puis, la convivialité, après la pièce, on prend une bière avec les acteurs Chez Milou. Pépette, probablement de la Salpète, Salpétrière, m’explique Françoise. Zonzon inspirée d’Yvonne, fille de sa Marie? A suivre.
Aujourd’hui, il fait beau, je vais aller faire un tour à l’hospice de Saint-Germain-en-Laye, un bouquin d’André Baillon sous les bras…
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Qui lit encore Duhamel?   4 comments

Philippe Delerm, vous savez, celui qui nous fait revivre la première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, dans un autre recueil de textes courts, Ma grand-mère avait les mêmes, s’est attaqué aux petites phrases anodines, lâchées comme des effluves du subconscient. En relisant ce recueil , l’une de ces phrases « Qui lit encore Duhamel? » m’a engendré une réponse réflexe « Moi! ». Non pas que Duhamel soit un de mes auteurs préférés. Non. Il y a à peine un an, je ne connaissais de Duhamel que celui qui, avec son comparse Elkabbach, contrariait Georges Marchais. Non, lorsque même les académiciens se posent la question si on lit encore Duhamel, il s’agit de Georges Duhamel. Je n’avais jamais lu, jamais intéressé.

Mosaïque indiquant la Villa Vauquelin au 28 de la rue du même nom.

Mosaïque indiquant la Villa Vauquelin au 28 de la rue du même nom.

Mais la vie a ses chemins de traverse bien simples. Je travaille rue Vauquelin, dans le 5ème arrondissement de Paris, en plein quartier étudiant. Il se trouve que Georges Duhamel a passé une bonne partie de sa vie à étudier puis à écrire dans la rue Vauquelin. Dans cette rue tracée sous le Second Empire, ses parents avaient élu domicile en 1904 dans l’immeuble du n°5. Georges avait déjà son baccalauréat, il étudiait médecine et est resté vivre chez ses parents jusqu’à la fin de ses études en 1909. La pomme ne tombe pas loin de son arbre. Marié, il s’installe au n°28, où une mosaïque signale au passant la villa Vauquelin, pour y écrire jusqu’en 1932.

Comment choisissez-vous vos lectures? Personnellement, je me laisse guider par mes rencontres, ma curiosité, mes questions … souvent fortuites. C’est ainsi que je me suis plongé dans la vie de Louis Salavin, récit d’un Parisien normal, trop normal à son goût, fils unique, au questionnement existentialiste. Le contexte extérieur et intérieur de sa vie est totalement caduc aujourd’hui. On y sent le cheminement de l’auteur, issu d’une famille quelconque de la 3ème République, un père absent (pour Salavin, il est décédé, pour Jacques Pasquier, son personnage ultérieur, il vaque à des occupations pas très claires), une mère dévouée, une éducation laïque, rationaliste mais encore percluse de tabous, de non-dits et de freins à la libre expression des sentiments. Toute son histoire révèle un personnage tourné en lui-même. Comment sortir de cette vie, des contraintes de cette société dont les soubresauts de l’histoire (la Première Guerre Mondiale n’est pas loin) façonnent les us et coutumes, les exigences et les libertés, les comportements et les idéaux?

J’ai trouvé la lecture intéressante pour différentes raisons. D’abord parce que le quartier Mouffetard y est dépeint dans une période différente de celle où je le fréquente. Ensuite parce que les questionnements de Duhamel, si tant est qu’ils sont ceux qu’il pose à Salavin et Jacques Pasquier, ont changé du tout au tout aujourd’hui. Sa recherche du bonheur passe par une transformation intérieure vers le sacrifice pour les autres (l’histoire de Salavin se termine par sa mort, par un acte de dévouement dans un hôpital tunisien). A ses yeux, Salavin a gagné sa médaille. Mais à quel prix? Sa femme trimant pour sa subsistance, comme sa mère, est restée à Paris, sans qu’il se pose une seule fois la question de ses besoins à elle. Le colonialisme français à Tunis est utilisé pour trouver sa voie vers la perfection. Son travail salarié à Paris est subi, en tolérant les mesquineries de ses collègues, en les utilisant même pour avancer dans sa quête de l’idéal, le renoncement de soi (ainsi ferme-t-il les yeux sur les larcins d’un de ses collègues en payant à sa place). Salavin est un vaisseau qui navigue seul dans le monde au gré de son histoire, dans une quête louable, le sacrifice de soi, mais en oubliant de se nourrir de toute la richesse naturelle, humaine et sentimentale.

Duhamel, à lire ou relire si vous le croisez du côté de la rue Mouffetard.

Je suivais le trottoir, marchant de préférence sur la bordure de granit. Je laissais le bout de ma canne tremper dans le ruisseau. J’aime les ruisseaux des rues. Ils coulent sur des pavés et tarissent à une heure fixe, je sais; ils ne naissent pas d’une source, mais d’un robinet de fonte. Tant pis! On n’a jamais que la poésie qu’on mérite. J’ai passé une partie de mon enfance, malgré ma pauvre maman, à pêcher des épingles rouillées et des boutons de bottines dans les ruisseaux de la rue Tournefort. Aujourd’hui, je ne patauge plus dans l’eau sale, mais je regarde encore avec attention les petit morceaux de vaisselle, le gravier, les infimes débris que le courant lave et entraîne peu à peu vers l’égout. Et puis, le ruisseau chante quand même sa petite complainte. Cela me fait penser à des prairies, à des fleuves, à des pays que je ne connaîtrai jamais. C’est de l’eau civilisée, de l’eau pourrie. De l’eau, de l’eau malgré tout! La mer, les grands lacs, les torrents dans la montagne! Si vous passez rue Lhomond, le soir, assez tard, à l’heure où les bruits de Paris s’engourdissent et s’endorment, vous entendrez, au dessous de vous, tous les égouts de la montagne Sainte-Geneviève qui chantent doucement, comme des cataractes lointaines. Ce sont les cataractes de mes voyages, à moi. (Confession de minuit, 1920).

Publié avril 14, 2013 par Arjen dans Ecrit en Français, Littérature

Les enchanteurs de Romain Gary   Leave a comment

Il est des phrases qui accrochent. Ainsi celle qui se trouve en tête du « Voleur d’ombres » de Marc Lévy: « L’amour, tu sais, ce dont il a le plus besoin, c’est l’imagination. Il faut que chacun invente l’autre avec toute son imagination, avec toutes ses forces et qu’il ne cède pas un pouce de terrain à la réalité; alors là, lorsque deux imaginations se rencontrent… Il n’y a rien de plus beau. » Une citation de Romain Gary, en fait. Réflexe « moteur de recherche » et quelques instants plus tard, je savais que la prochaine fois que je passerais à la bibliothèque, mon index accrocherait la tranche de son roman « Les enchanteurs ».

Je ne connaissais pas grand chose de Romain Gary. C’était l’occasion d’apprendre qu’il s’appelait Roman Kacew (prononcer à la russe: Katseff), qu’il était né à la veille de la Première Guerre Mondiale à Vilnius en Lithuanie. Arrivé en France à la fin des années 20, il se distingue par son écriture, lorsque le journal qui le publie vire au fascisme, il « ne mange pas de ce pain-là », s’engage dans la Résistance lors de la Seconde Guerre Mondiale, est distingué compagnon de la Libération et se lance dans une carrière diplomatique tout en enchantant ses lecteurs par ses écrits, jusqu’à gagner par deux fois le prix Goncourt, la seconde fois sous pseudonyme Emile Ajar.

Mais la réalité de la vie est plus dure que l’imaginaire qu’il crée dans ses oeuvres littéraires. Dans  » Les enchanteurs », on perçoit ce refus de la réalité, surtout de celle de la mort qui vous rattrape inévitablement. Il faut vivre, aimer, rêver, inventer, il faut imaginer la vie mieux qu’elle ne l’est réellement pour faire mieux que la vie, pour battre la mort. Combat de Fosco Zaga, le narrateur, incarnation bicentenaire de l’auteur. L’objet de son amour se prénomme Teresina, la seconde femme de son père, de quatre ans son aînée. On n’apprend pas grand chose d’elle. Pourquoi elle? Quelques caractéristiques, une chevelure rousse où courent les écureuils, un non-conformisme qui la dessert dans sa vie… Le reste c’est l’imagination, c’est Fosco Zaga qui invente sa bien-aimée, qui pourra ainsi survivre à la dure réalité de la Russie du 18ème siècle.

L'amour, tu sais ...

L’amour, tu sais …

 

... suite. Les souvenirs, c'estune chanson que l'on se chante quand on n'a plus de voix.

… suite. Les souvenirs, c’estune chanson que l’on se chante quand on n’a plus de voix.

Sept ans après avoir écrit ce roman, Romain Gary n’y croit plus. Son ex-épouse, Jean Seberg, est morte par overdose de tranquillisants. Lui aussi se suicide: « Je me suis bien amusé, au revoir et merci ». La fin de l’enchantement.

Publié avril 7, 2013 par Arjen dans Ecrit en Français, Littérature

Groapa – Le Grand Dépotoir   Leave a comment

Extrait chanteur Zavaidoc – Le Grand Dépotoir d’Eugen Barbu

Il y a quelques temps, je me suis plongé dans un livre dont l’action, ou plutôt, les actions (car il s’agit de plusieurs récits imbriqués) se déroulent dans le Bucarest de l’entre-deux-guerres: Groapa, d’Eugen Barbu, Le Grand Dépotoir dans sa traduction française. Début décembre, la traductrice Laure Hinckel et l’éditeur de Denoël, en avaient fait le lancement à l’Institut Culturel Roumain. Etaient également présents quelques écrivains roumains contemporains tels que Dinu Flamand et Magda Carneci, qui ont témoigné des facettes contrastées de l’auteur Eugen Barbu. Eugen Barbu n’a pas hésité à s’attaquer à tous les écrivains qui élevaient leur voix contre la dictature communiste, puis après la chute de Ceaucescu, à se consacrer à un combat politique nationaliste rappelant celui des années noires 1930.

Le titre Le Grand Dépotoir garde l’allitération de Groapa, une grande décharge de gravats et de détritus, dont le glissement sur la pente de la Fosse constitue un fond sonore perpétuellement présent dans les chroniques, quoique presque imperceptible.

Barbu a mis une dizaine d’années à compiler ces chroniques de la vie populaire qui se développait autour de cette fosse à déchets à la limite nord-ouest de Bucarest (« Fosse de Watt » – Groapa lui Ouatu), dans les quartiers de la Cuţarida et de Griviţa, qu’entrecoupent les chemins de fer rayonnant de la Gara de Nord. Ces récits abondent de termes argotiques, ainsi que de termes caractéristiques des activités, métiers et coutumes de l’époque. Les phrases courtes, rythmées, des tournures qui maintiennent l’attention du lecteur. La lecture rappelle un peu les contes urbains d’Isaac Babel, où des artisans et petits commerçants s’installent et luttent pour leur survie, où des tire-laines se mesurent au Staroste (le caïd), où des noces attirent tout le quartier, où on suit des funérailles attirant foules, où les amours se font et défont par la force des choses, où les Tziganes enchantent les soirées par leurs violons et accordéons.

Au tournant de la centaine de pages me venait régulièrement la question: mais d’où sort-il toutes ces histoires, cet Eugen Barbu? Il a dû traîner dans ce monde où la survie prime sur le sentiment. On a pu comparer ce roman aux écrits de Zola. Mais là où chez Zola, on discerne des injustices à combattre, ici, les injustices et violences sont acceptées et glorifiées de façon fataliste. L’intérêt du Grand Dépotoir réside dans le fait qu’il s’agit d’un tableau réaliste du peuple bucurestois des années 1920. De fil en aiguille on s’intéresse à cet auteur à double, voire triple identité; son père Nicolae Crevedia était écrivain, mais il a été déclaré/élevé (?) fils du cheminot Nicolae Barbu, ce qui faisait quand même plus respectable dans les premières années de terreur communiste. On s’intéresse à la vie dans ces quartiers de la Mahala (faubourgs), à leur environnement culinaire, vestimentaire, religieux, aux chanteurs de cabarets tels Zavaidoc.

Et pour cultiver l’intérêt, voici quelques liens:

Photos de la Pauvreté de naguère à Bucarest, sur le blog art-historia, dont des photos de « boueurs » (terme qu’emploie la traductrice Laure Hinckel pour les gens qui vivent de l’exploitation des ordures.

Une chanson de Zavaidoc. Beaucoup de chansons traditionnelles roumaines commencent par une attaque Foaie verde (Feuille verte), que j’interprète comme un regret mélancolique des jeunes années, du temps qui passe mais ce n’est ici qu’une supposition.

Une chanson récente qui évoque le Bucarest de l’entre deux-guerres: Mihai Margineanu – Jana

Publié avril 1, 2013 par Arjen dans Ecrit en Français, Littérature

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Un corps m’est échu, qu’en ferai-je?   Leave a comment

Au cours de mes lectures, un poème fort d’Ossip Mandelstam qui retient l’attention pour son questionnement existentiel et sa morale positive. Si on écrit, si on blogue, c’est aussi un peu pour ça…

Дано мне тело – что мне делать с ним,
Таким единым и таким моим?

За радость тихую дышать и жить
Кого, скажите, мне благодарить?

Я и садовник, я же и цветок,
В темнице мира я не одинок.

На стекла вечности уже легло
Мое дыхание, мое тепло.

Запечатлеется на нем узор,
Неузнаваемый с недавних пор.

Пускай мгновения стекает муть
Узора милого не зачеркнуть.

Un corps m’est échu. Qu’en ferai-je enfin,
Tellement entier et tellement mien ?

La douce joie de vivre et respirer,
D’où me vient-elle, et qui en remercier ?

Etant fleur et jardinier à la fois,
Je ne suis seul dans la geôle ici-bas.

Et sur la vitre de l’éternité
Ma chaude haleine a pu se déposer.

Ses empreintes comme des ornements,
Déjà se déchiffrent malaisément.

Que l’instant s’envole avec la buée !
Mon cher dessin, rien ne peut l’effacer.

Publié septembre 18, 2012 par Arjen dans Ecrit en Français, Littérature

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